Ma journée de cowboy à Saint-Tite
De retour de Saint-Tite où avait lieu le festival Western qui réunissait pour sa 42ème édition plus de 500,000 amateurs de cowboyeries, j’ai découvert que j’étais décidément une sacrée moumoune.
Lors de la finale du rodéo aujourd’hui, nous avons eu la chance, mon ami David et moi, de nous installer dans la «chute» avec les cowboys.
La «chute», c’est l’équivalent du puits en Formule 1, là où ils enfourchent les chevaux sauvages devant nous avant qu’on leur ouvre l’enclos.
Je me suis supris à sursauter des dizaines de fois dans la violence des chocs autour de nous, petit urbain frêle aux ailes fragiles, pendant que les locaux demeuraient placides.
Les chevaux en panique, visiblement stressés dans leur mini-enclos avant le coup d’envoi, se câbraient et donnaient des coups de fers arrières d’une puissance extraordinaire sur les portes en métal à 2 mètres de moi. Les explosions pyrotechniques frappaient violemment nos tympans, excitant davantage encore les animaux.
Et les cowboys, ah les cowboys ! Je les ai vus de près, moi. De sacrés personnages.
C’est le genre d’hommes qui ne parlent pas beaucoup dans la vie, qui agissent sans broncher, avec un regard d’une intrigante mélancolie qui semblait trahir de profondes réflexions intérieures, enfin je crois.
J’ai fini par comprendre pourquoi les cowboys se préparaient avec tant de solennité quand j’ai vu ce qu’on leur demandait de faire.
Une fois leur enclos ouvert, ils étaient aussitôt précipités dans l’arène sur le dos d’un monstre de colère et d’énergie qui ne demandait qu’à se débarrasser d’eux.
À noter que le cheval continuait à courir avec la même panique furie une fois son cowboy tombé ; il fallait la technique hautement précise des gardiens montés de l’arène pour le ramener à l’enclos.
L’an dernier, durant la finale, l’un de ces chevaux était si énervé qu’il est parti en furie avec une corde autour de la cuisse, qui la lui a sectionnée aussitôt sorti. Il a dû être abattu devant tout le monde quelques secondes plus tard.
Ma seule expérience du cheval se limitant à quelques balades dans la campagne française sur le dos de bourrins très dociles, je peux dire que j’ai été surpris par l’énergie, et surtout la vitesse de galop des chevaux réunis à Saint-Tite.
Évidemment, tous les cowboys sont tombés de leur monture à un moment ou l’autre. Mais rassurez-vous : comme l’a rappelé l’animateur au micro, «ya pas un cowboy qui sort d’ici la tête basse !».
En dehors du rodéo, le festival de Saint-Tite est plutôt pépère. On y voit simplement des milliers de personnes habillées en western, pour la plupart âgées, qui se promènent entre les commerçants de T-shirts quétaines, de chips et hot-dogs, de queues de castor et de Molson Ex (seule bière distribuée durant l’événement).
Partout autour, dans les stationnements, les champs, les cours arrières des domiciles : des véhicules récréatifs et des roulottes par centaines.
Aussi, beaucoup de petits chiens de poche vêtus d’oripeaux roses, reliés au poignet de maîtresses d’âge vénérable qui se sont encowboyées (ou plutôt encowgirlées) spécifiquement pour cette occasion.
Faqu’après 4-5 heures, ça faisait. On est parti en évitant le gros trafic vers Hérouxville (capitale québécoise du racisme, vous souvenez-vous?) puis Trois-Rivières, où nous avons pris un hamburger plus ou moins bon à la terrasse du lounge Carlito, rue Des Forges.
Trois-Rivières possède un centre-ville magnifique, rempli de bâtiments splendides allant du style Nouvelle-France au style industriel d’avant-guerre façon montréalaise.
Les rues trifluviennes offrent beaucoup de terrasses et des promenades fort agréables, et son front de fleuve est extrêmement bien dessiné pour les visiteurs.
Cela dit, j’ai eu le même malaise qu’à Saint-Tite, à Jonquière ou partout ailleurs qu’à Montréal ou Québec : une absence totale de représentants de ma génération.
Il semble que tous les gens de 20 à 40 ans ont déserté les régions du Québec, et ceux qui ont moins de 20 ans attendent juste la première occasion pour le faire. On ne les voit nulle part, ou presque.
Disons que les trentenaires représentent 0.2% des gens qu’on croise dans la rue en Mauricie, alors que sur le Plateau on frise le 70% et les baby-boomers sont quasiment absents du décor. Je ne sais pas ce que Statistique Canada dit de tout ça, ça ne doit pas être si terrible, mais c’est en tout cas ma perception. C’en est même choquant.
En tout cas. Aujourd’hui, j’aurai enfin pu me promener toute la journée avec mon beau chapeau de cowboy acheté au Texas en ayant l’air parfaitement normal dans le décor.
MISE À JOUR 22-09: Suite à quelques malentendus je tiens à préciser que c’est bien moi qui prend toutes les photos diffusées dans ce blogue.
























26 septembre 2009 à 7:34
Bonjour M. Ritoux,
Je vous offre mes condoléances pour Isabelle que vous aimez toujours.
Le décès soudain de Nelly Arcand nous plonge encore plus dans la réflexion du manque d’espérance dans ce monde. Toutes les espérances que nous créons s’arrêtent à nous-mêmes. La tendance laïque de notre société, au lieu de nous libérer, nous entraîne dans un tunnel dont on ne voit plus aucune vie. Pourquoi continuons-nous à rejeter Jésus Christ ressuscité. C’est lui l’espérance vivante que les gens ont tort de rejeter aux visages des croyants.
26 septembre 2009 à 9:01
Right.