La vraie de vraie Thaïlande
Je pense que j’étais en dépression ces deux dernières semaines dans les îles du Sud. J’ai maintenant retrouvé le bonheur, dans la ville nordique de Chiang Mai où j’ai rejoint mon ami Daniel.

Capitale de la Thaïlande du Nord, riche en histoire et en spiritualité, Chiang Mai est belle, intelligente et cultivée. On y trouve un peu du chaos de Bangkok, des putes de Phuket, des hippies des îles… Mais on y trouve aussi un sens et une profondeur qui m’ont fait défaut ailleurs.

On le voit dès qu’on arrive: les rues, les bâtisses, les jardins, l’urbanisme n’ont rien à voir avec la broche à foin, le béton grossier ou la scrap hippie qui domine le Sud. À Chiang Mai, tout est relativement beau et bien entretenu. De plus, on côtoie les Thaïs dans leur état naturel, et ils traitent les touristes comme du monde normal, avec un respect et une sympathie authentiques.
Bien sûr, il y a aussi des coins comme ça à Bangkok, mais ils sont cachés et difficiles d’accès, tandis qu’ici on atterrit en plein milieu.

J’ai trouvé ici ce qui me manquait depuis des semaines, depuis le Vietnam en fait: pouvoir croire à ce que je vois, et donner un sens à ce qui m’entoure.
Résultat, je suis en train de me réconcilier avec moi-même, que je ne supportais plus, avec les Thaïs que je trouvais de moins en moins sympas, avec les autres touristes qui m’agaçaient de plus en plus.

Si j’avais blogué avant d’arriver à Chiang Mai, je vous aurai balancé un ramassis d’ondes négatives sur ma fatigue des crosseurs, des solliciteurs, du mépris des Thaï, de la connerie des touristes. Et des moustiques.
J’aurais eu tort. Le problème se trouvait en moi-même. (Sauf pour les moustiques.)

Tout a commencé par un sentiment d’échec. Voyez-vous, j’avais réservé au moins 6 semaines pour la plongée dans ce voyage. Après avoir perdu le mois de décembre à cause d’une côte brisée bêtement, je n’ai finalement eu droit qu’à 7 jours (trippants!) de plongée avant de pogner une atroce infection à l’oreille (swimmer’s ear) qui m’a interdit l’eau à nouveau.

Déprimé par mon impuissance et mon oisiveté (il n’y a rien à foutre à Koh Tao à part plonger), j’ai dit au revoir à mes amis du sympathique New Heaven Dive Shop et j’ai filé à l’île voisine de Koh Pha Ngan pour aller oublier mes soucis sur la plage d’Haad Rin (lieu notoire du Full Moon Party). J’ai ouvert mes yeux et mes oreilles, j’ai décidé d’accepter tout ce qu’on me proposait et de lâcher prise sur mes angoisses.

Ça a fonctionné pendant 3 jours et trois nuits, pour finir en apothéose de débauche au Black Moon Party. C’était carrément partytastique. Je me suis fait pote avec des petits jeunes excités, on a bu on a dansé sur la plage. L’abandon total à la stupidité m’a fait du bien. Mais très vite, cette dernière m’est revenue en pleine face. Je me suis mis à haïr tout le monde, autant les jeunes fêtards que les serveurs et commerçants (qui passent leur temps à vous arnaquer en plus de vous traiter comme de la merde).

Là je vous entends déjà: t’es idiot d’aller à Haad Rin, à Koh Pha Ngan ya plein d’autres plages plus sympas! Oui mais la plage sympa, elle m’emmerde. J’avais déjà donné à Koh Tao. Je voyage seul, et je suis difficile en amitié. Je n’aime pas m’asseoir à ne rien faire sur une plage pendant plus de 10 minutes. Et je suis un gars de la ville, alors palmiers ou pas, ça reste de la cambrousse.

Mais surtout, ce que j’aime dans le tourisme, c’est d’aller me fondre parmi les locaux, marcher dans la foule et sortir de mon confort. Dans le Sud, ce sont plutôt les locaux qui se fondent parmi les farangs. Bref, hors de la plongée, le Sud m’a plutôt énervé.
Ô joie ! Chiang Mai a tout changé. Ça fait du bien d’être vraiment en Thaïlande, pour vrai de vrai. Si je marche 1 heure en ville, je croise tout au plus une douzaine d’autres farangs, qui ne sont pas en bedaine ou en camisole pourrie. Les Thaïs, pour leur part, vaquent à des affaires sérieuses sans se soucier de nous. Enfin!

J’ai bien fait de quitter la barbarie pour la civilisation. Rétabli par cet environnement sain, beau et amical, je peux enfin commencer à me concentrer sur mon travail, entre mes balades et mes sorties avec la gang à Daniel. C’est que dans trois semaines, je dois être à Vancouver pour couvrir les Olympiques. Ça va être super intense, et je n’ai encore rien préparé. Mes trois mois de vacances tirent à leur fin, faut que je m’y mette.

















22 janvier 2010 à 10:45
Trois mois presque fini déjà?
Enjoy those last days…
26 janvier 2010 à 12:25
J’aime beaucoup. Encore.
26 janvier 2010 à 10:19
Wow, merci! :)
28 janvier 2010 à 11:54
bien venue au club… sauf que je n’ai jamais mis les pieds sur les plages et ne changerai jamais d’avis là-dessus, merci de confirmer
(je me suis relevée d’une dépression de plusieurs années grâce à cette Thaïlande là…) 2 fois 6 mois en Asie du sud-est (2007/2008/2009) + octobre 2009+ du 12-01-10 au 22-03-10