Mac OS X Leopard : l’anti-critique

desktop_gallery03_20071016.jpgJ’ai passé la matinée à écouter le dynamique M. Moisan d’Apple Canada qui expliquait à une assemblée de journalistes les fonctions majeures de Leopard, la nouvelle mouture majeure d’OS X (officiellement la version 10.5).

C’était très intéressant, même si il nous promettait toutes les cinq minutes “je vous montre un dernier truc et on passe au lunch!”, sans jamais tenir sa promesse. J’avais faim, moi ! Et puis John, le gars de la démo sur le site d’Apple, m’avait déjà expliqué tout ça (of course qu’il s’appelait John!… Il aurait pas pu s’appeler Seymour ou Milhouse. Bob, à la limite…).

Enfin… C’était quand même mieux de voir la démo en français du sympathique M. Moisan, avec quelques mini-séances de découverte assistée. Et surtout, j’ai eu droit à ma copie gratuite de Leopard avec mon lunch. Ça valait la peine de me traîner à Dorval, sans compter que j’avais des trucs à acheter chez IKEA de l’autre côté de la rue.

timemachine_gallery01_20071016.jpgEt puis j’ai eu le plaisir de retrouver ma gang des Nerdz (ils étaient venus à trois en power-team, plus moi et Alain McKenna ça faisait cinq Nerdz dans la salle, soit 40% de l’audience).

Le problème, c’est que si j’écris une critique de Leopard ici, même si je le fais avec toute la rigueur qui me caractérise (hum…), j’aurai un problème puisque la douzaine de confrères qui étaient avec moi sont en train d’en écrire une pareille, ou très certainement meilleure.

J’ai donc choisi d’écrire une “anti-critique” de Leopard. C’est-à-dire, une critique qui s’appuie uniquement sur ce qui manque au lieu de parler de ce qui est là.

quicklook_gallery03_20071016.jpgÀ ne pas confondre avec une critique négative : mon anti-critique est un compliment à rebrousse-poil qui consiste à prendre pour acquis que le produit est bon et mettre l’accent sur ses menus défauts. Un peu comme quand on critique un athlète professionnel qui n’arrive “que” second sur le podium. Ou comme quand on réclame le bras après qu’on nous ait donné la main. C’est la nature humaine, que voulez-vous.

Évidemment que Leopard est un bon produit. Excellent, même. Bourré d’idées géniales. Mais c’est pas vraiment un scoop. On n’en attend pas moins d’Apple.

Mes préférées : l’empilement d’icônes (Stacks), la prévisualisation autonome multiformats (Quick Look), la sauvegarde chronologique (Time Machine), l’exportation de boîtes CSS en widgets (Web Clip), les espaces de travail multiples (Spaces), et l’intégration Mail-iCal. Voir cette page pour un résumé des points forts de Leopard.

Maintenant, ce qui me manque (à moins que j’en aie manqué un bout):

  • La fonction de Mail qui affiche en gros caractères un numéro de téléphone ou autre élément reconnu comme un contact, pour laisser l’utilisateur détourner son regard et décrocher son combiné : cette fonction devrait être intégrée à Safari, à Firefox, bref partout. Parce qu’elle est trop HOT. Elle devrait même être accessible par un raccourci-clavier quelconque (l’est-elle?).
  • La nouvelle interface de iCal : la languette utilisée pour définir les propriétés de l’événement a été remplacée par un pop-up plus ou moins pratique. Pas sûr que ce changement était nécessaire, ça rajoute juste un layer pour rien. Cela dit, il est très pratique de pouvoir établir par défaut une alarme, et préciser son échéance (”15 minutes avant”, “2 jours avant”, etc.). Ça va me sauver des millions de secondes de travail, puisque je me sers toujours de l’alarme dans iCal. Bah oui… Si j’avais pas besoin qu’on me rappelle mes rendez-vous, je ne les mettrais pas là in the first place…
  • Spaces, les espaces de travail multiples : parfaitement intégré à Leopard, très pratique à utiliser avec des raccourcis-clavier, infiniment configurable. Seulement voilà : je suis un peu déçu car Apple en parle comme d’une innovation alors qu’ils devraient plutôt s’excuser de l’ajouter seulement maintenant… Linux fait ça depuis dix ans, et des logiciels de tierces parties permettent de le faire sur Windows et OSX depuis presque aussi longtemps. Mon sentiment est moins dans l’exaltation que dans le registre du “C’est pas trop tôt”…
  • Web Clip, l’exportation de boîtes CSS dans le Dashboard sous forme de widgets : on devrait pouvoir affiner son choix de boîte à exporter. Web Clip consiste à choisir des zones d’une page Web dans Safari (”dernières nouvelles” ou “nouvelles les plus lues” dans Cyberpresse, par exemple) pour en faire un widget qui se mettra à jour tout seul dans le Dashboard. L’idée est géniale parce qu’on exploite le code-source des pages sans aucun effort pour Safari : il lui suffit d’aller chercher les balises <DIV> dans la page. Seulement voilà : toutes les pages ne sont pas conçues selon les mêmes méthodes. Certaines ne contiennent que quelques DIV pour les blocs d’ensemble, ou les utilisent n’importe comment, ou les utilisent de façon trop créative pour qu’elles correspondent à des blocs d’information en particulier. Il faudrait pouvoir choisir des sous-divisions comme <P>, <LI>, <span> ou <H3>, <H4> etc. En fait, exploiter l’information sur la parenté des balises comme le fait l’extension Web Developer de Firefox. Donc à mon humble avis, Web Clip n’est encore qu’expérimental. Dans un monde idéal, tout le monde structurerait ses DIV de la même façon prévisible et Web Clip choisirait toujours les bons blocs. Mais dans la réalité, non.
  • La reconnaissance des événements et coordonnées dans Mail : ça marche bien en théorie, mais moins bien en pratique. Le logiciel reconnaît bien les éléments de l’invitation quand on suit l’exemple de la démo donnée par Apple (du genre “invitation ce samedi au 1234 rue Sherbrooke, info 514 555 5555″). Mais quand on tombe sur un poète qui rédige de façon moindrement créative (comme quand on fait l’original pour attirer ses amis à un party), Mail ne fait plus de lien du tout. Si on sélectionne la date indiquée, il réussira à faire le lien avec le nom de l’événement (très bêtement, en prenant le nom du courriel), mais il aura du mal à trouver l’heure et encore moins l’adresse. C’est ce qui m’est arrivé avec un courriel de Noctambules aujourd’hui. Les infos étaient là, mais Mail avait du mal à les retrouver dans le bazar. Je pense que c’est inhérent à tout logiciel qui tente de traduire automatiquement le langage humain en code réexploitable. J’ai bien peur que ce genre de technologie ne parvienne jamais à la perfection. Sans compter les fautes d’orthographe et de grammaire, et les figures de style (le mieux est d’avoir des correspondants ni trop illétrés, ni trop sophistiqués, mais le plus conformistes et conservateurs possible).

C’est tout pour aujourd’hui… Je n’ai fait que gratter la surface. Pour une vraie critique complète et consciencieuse, allez lire mes confrères Pascal Forget, Alain McKenna ou Nelson Dumais.

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