Synthèse du 15e Vendredi du Vin

Voici ma synthèse tant attendue du dernier Vendredi du Vin, dont j’ai obtenu la présidence tournante pour la 15ème édition, vendredi 27 juin. Mon thème : “Nul n’est Champagne en son pays”. Il s’agissait de dénicher de bons mousseux qui offrent une bonne alternative au Champagne.

Pour ne pas faire de jaloux, on va y aller par ordre géographique et horogiratoire (Ouest-Nord-Est-Sud). Ne cherchez pas horogiratoire dans votre dictionnaire, ça y est pas. Si vous connaissez un meilleur équivalent du merveilleux adjectif anglais “clockwise” (et son ennemi juré “counter-clockwise”), dites-le moi.

1) Les mousses du Pacifique

Deux contributions ont mis les mousseux californiens à l’honneur:

D’abord, il y avait mon Mumm Napa Brut Prestige. Vous n’avez qu’à lire mon billet précédent, ci-dessous.

Ensuite, il y avait Dr. Debs, qui nous a fait découvrir le NV Roederer Estate Brut : “un vin que les Américains décrivent souvent comme le plus «français» de leurs mousseux. Il est pâle avec beaucoup de mousse et de petites bulles. Arômes de brioche et de citron. Saveurs de pommes, pain grillé, et de noix. Il s’agit en général d’un excellent vin pour le prix, à environ 20 $.” Je me suis permis de corriger un peu son texte ici, mais il elle me pardonnera sûrement. Voyez-vous, Dr. Debs nous a fait l’honneur de poster son billet en français alors qu’il elle est anglophone. Un beau geste, non ?

2) La fraîcheur du Niagara

Lisa Roskam, co-fondatrice des Vendredis du Vin et de Vinorati, nous a présenté un mousseux de l’Ontario, le Catharine Brut de chez Henry of Pelhalm. Mélange de Pinot Noir et de Chardonnay (climat froid oblige), ce mousseux a “agréablement surpris” Lisa, qui parle d’un nez “sec-minéral et citron vert”, et de saveurs “d’agrumes, de citron, avec une finale nette et des bulles peu agressives.” Il s’agit d’un assemblage de cépages typique de la Champagne, avec une seconde fermentation en bouteille et un vieillissement en cave de deux ans, selon la méthode consacrée dite “champenoise”.

3) Ça pétille à l’Est

Petit détour en Allemagne pour Lisson, qui ne nous offre pas une dégustation à proprement parler mais une belle présentation détaillée du Sekt, un mousseux très populaire dans ce pays. C’est elle qui tombe le mieux dans le sujet puisque le Sekt a longtemps été vendu comme un Champagne hors de la Champagne, avec des noms “empruntés” comme “Monopol”, “Crémant Rosé”, “Lemartin Frères”, etc. L’un des producteurs de Sekt, Kloss & Foerster, a d’ailleurs perdu un procès intenté par la maison Heidsieck de Reims en 1894. La présentation de Lisson est passionnante, à lire absolument.

On débarque en France du côté du Jura, avec Olif qui nous présente un vin pétillant de la région de Pupillin fait à base de Poulsard, un cépage plutôt rare. “Un vin résolument jouissif, sec, bourré de fruit, frais et gourmand, à la bulle exubérante dès l’ouverture. Vin de plaisir immédiat, parfait à boire, il ne passera certainement pas l’été mais il ne serait pas correct d’en gaspiller une bouteille pour arroser le public lors d’une victoire de Grand Prix”… contrairement à certains Champagnes, indique Olif avec un clin d’oeil.

Quant à Julie, elle nous transporte un brin plus au Sud, avec un mousseux du domaine Lingot-Martin, en Savoie. “Presque un Champagne rosé”, nous promet-elle. “La couleur est superbe, un rosé qui tire sur le corail, vif, presque rose fraise. Il est assez sucré, un peu acidulé, frais, extrêmement fruité. Absolument délicieux pour un apéritif ou sur une tarte à la rhubarbe, quoi qu’il en soit. Un très bon choix, et un excellent rapport qualité-prix.” Tiens, ça me fait penser que je n’ai pas mangé de tarte à la rhubarbe depuis… jamais ?

J’ajoute ici la contribution d’Aude, bien qu’elle ne précise pas l’origine exacte de son mousseux. Il s’agit d’un vin qui trainait dans son frigo alors qu’il était trop tard pour aller s’acheter un Crémant de Limoux. Un vin mousseux de Dumont, qui indique sur son étiquette un “caractère propre”. En fait de caractère, il n’en avait pas du tout, selon Aude qui a trouvé son expérience “médiocre”. Tu sais Aude, beaucoup de participants ont attendu le lendemain pour poster leur dégustation… Tu aurais pu attendre la réouverture des magasins plutôt que de vivre cette douloureuse expérience. On t’aurait pardonnée. J’apprends d’ailleurs dans ce forum que le Dumont en question vaut 0,95 euros. Même s’il n’est pas très bon, c’est le genre de prix qui fait saliver n’importe quel Québécois… (j’ai d’ailleurs hâte à mon prochain voyage en France au mois d’août pour me payer leurs vins “hors de prix” à 20 ou 30 euros…).

3bis) Au pays du mousseux levant

On s’enfonce beaucoup plus loin à l’Est, avec Hub qui nous présente non pas un vin, mais un manga consacré au vin, venu tout droit du Japon. Hub, ta demande de pardon pour avoir “tordu” les règles du VdV est accordée. C’est une contribution très originale, et bien documentée ! “Sommelier” est une BD en six volumes (jusqu’à maintenant) qui raconte la quête du jeune Joe Sataka pour retrouver le vin servi par sa mère dans son enfance. Un brin romantique, mais truffé d’informations sur la préparation et la dégustation du vin, ce manga aurait contribué à augmenter l’attrait du vin auprès du jeune public japonais.

4) Les bulles méridionales

On s’en va dans le Sud, d’abord à Gaillac avec Gildas, qui décrit un vin pétillant 2004 élaboré selon la méthode “gaillacoise” par le vigneron indépendant René Rieux. “Vous tombez immédiatement sous le charme de la pomme, et le la frangipane ! En bouche, ça gazouille dure et il y a une bonne dose se sucre résiduel. On retrouve toujours ces notes de pommes.” En résumé, un OVNI (objet vinicole non identifié), selon Gildas.

C’est finalement Clément qui a réalisé le souhait qu’Aude s’était prise trop tard pour exaucer, en dégustant un Crémant de Limoux, Domaines Les Hautes Terres, Cuvée Joséphine. “Minga èst Champagne dins lo seu païs”, déclare Clément dans sa plus belle langue d’Oc. Un vin d’une “belle complexité”, avec des “notes fumées, des arômes de miel, de fruits secs, de fleurs blanches telles que l’aubébine ou la fleur de vigne (…)” J’arrête la citation ici parce que sa description est très longue… et réussit à nous faire saliver abondamment ! Surtout quand il mentionne par-dessus le marché son “bar en croûte de sel” et ses “St-Jacques à la crème sur une fondue de poireaux”. J’avoue qu’il est l’heure de souper et tout ça a ouvert mon appétit en grand.

On traverse la frontière espagnole, ou plutôt catalane avec Rémy, qui nous présente le Cava de Juvé y Camps, fait des cépages Parellada, Macabeu et Xarel-Lo (???). “Sous sa robe de paille claire, ce vin montre un nez assez complexe de noisette, de citron et de pâtisserie, cette dernière étant un élément classique des cavas. En bouche, l’attaque est rafraîchissante, avec des saveurs de citron et d’orange mélangés.” Encore un autre qui a eu bien du plaisir ce vendredi !

Le mot de la fin…

Sur ce, merci à tous pour votre participation. Ce fut une expérience très agréable de présider cette édition des Vendredis du Vin et je compte bien participer régulièrement dans les mois à venir !

4 commentaires à “Synthèse du 15e Vendredi du Vin”

  1. VdV 15 : Une belle caisse de non-champagne pour célébrer « Vendredis du Vin a écrit :

    [...] de rédacteur en chef de Marseilles-Match) que Nicolas Ritoux a déposé sur son site la synthèse du 15e Vendredi du vin. Une belle douzaine de mousseux hors-Champagne pour bien vous faire goûter les diverses facettes [...]

  2. Iris a écrit :

    Merci de ce compte rendu pétillant… je vais lire les contributions, qui m’avaient échappées! Je l’ai rajouté en lien à mon article sur le blog de Lisson (deux S – depuis 1482:-)!)

  3. Aude a écrit :

    Je ne vois plus ce cousin qui m’apportait des trucs aussi minables! Je comprends mieux pourquoi!

  4. toon a écrit :

    Bjr & voilou une bulle qui a perdu son chemin. Il s’agit d’un Saint-Peray “champagnisé” de JL Thiers. Il est composé de 100% de Marsanne sur sol granitique aux éclats de schistes. Les bulles sont fines, la bouche se veut élégante et développe des arômes d’aubépine, orange et finale légèrement sur la noisette. Il est délicieux avec une terrine de daurade à l’apéro !

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