Le gars le plus bronzé de Vancouver
Trois mois et demi, c’est long. Je suis parti le 1er novembre, et ça me paraît déjà si loin. Dans deux jours, je vais revoir la neige pour la première fois depuis très longtemps.
Ce n’est pas la neige de Montréal qui m’attend, mais celle de Whistler, où je vais couvrir les Jeux Olympiques pour le portail Sympatico, du 12 au 28 février (vous pouvez déjà voir ma section réservée).
Ensuite seulement, je reviendrai à la maison, back in business pour mes clients qui, je l’espère, ne m’ont pas oublié ni remplacé durant mon voyage. Je vais revoir ma douce princesse Fouffy qui a passé l’hiver chez matante Stéphanie dans le Grand Nord (à Rosemont), et mes plantes dont Jo-Annie s’est généreusement occupée durant mon absence. Je vous aime, les filles!
À mi-chemin entre l’Asie et l’Occident, Vancouver m’offrira une transition idéale pour revenir en douceur. Mais j’y serai pour travailler, alors la partie «vacances» de mon voyage est définitivement terminée.
Ce long séjour en Asie du Sud-Est était un test. En tant que travailleur autonome, je voulais voir si je pouvais fuir la dépression hivernale, et retrouver mes clients et mes revenus à mon retour. Si ça marche, je recommencerai chaque année. Pourquoi attendre la retraîte pour jouer les snowbirds?
Toute la difficulté de l’opération consiste à retrouver mes clients quand je reviens après trois mois d’absence, surtout que je me suis endetté à force de dépenser comme un bourgeois.
À ce titre, ma collaboration à Sympatico tombe à pic, puisqu’elle va me replonger dans le travail aussitôt rentré au pays. Après ça, j’espère bien retrouver le rythme de travail infernal d’avant mon départ.
Ce n’est pas qu’une queston d’argent. J’aime mon travail. Après quelques années de galère, je suis fier d’être devenu un workaholic super productif. Tant que j’arrive à produire de la qualité et du volume, je ne compte pas les heures, week-ends inclus.
Ça fait trois mois et demi que je branle rien, à part me balader, m’amuser et prendre des photos. Jamais plus d’une ou deux tâches par jour: sous le soleil des tropiques, on se doit d’être lent et patient. Bref, rien à voir avec mes journées montréalaises.
J’ai bien essayé de faire des contrats à distance pour quelques clients, mais je sentais bien que le climat ralentissait mon cerveau. Trop chaud, trop mou. Sans parler du décalage de 12 heures, qui rend les réunions téléphoniques difficiles. À 22 heures après deux bières, j’ai du mal à synchroniser mon humeur avec mes clients de Montréal qui prennent leur deuxième café du matin.
Vais-je être capable de retrouver mon rythme d’antan? Je le souhaite fort, car toutes les plages paradisiaques du monde ne remplaceront jamais le plaisir de remplir mes journées d’un travail accompli. Je suis comme ça. Pas capable de glandouiller, fut-ce sous les cocotiers.
Durant ce voyage, j’ai découvert de nouvelles cultures, j’ai peaufiné ma débrouillardise, et j’ai appris à trouver du plaisir dans la solitude et le mutisme. J’ai rencontré plein de gens intéressants d’une auberge à l’autre. J’ai vécu des expériences magiques, d’autres insupportables.
J’ai vécu beaucoup de joies – et beaucoup de colères aussi. C’est normal quand on vient pour la première fois par ici, on tombe dans de nombreux pièges, aussi malin et préparé que l’on soit. Ça m’aura permis d’explorer les facettes de ma personnalité face à des sentiments nouveaux. Bref, l’aventure, quoi!
Mon voyage était-il trop long? Aurais-je du explorer davantage de pays plutôt que de me poser deux semaines à chaque endroit? Ce qui est fait est fait.
Quel que soit le circuit choisi, je crois que le but du départ a été atteint: m’évader au bout du monde jusqu’à oublier ma chère Montréal, pour mieux l’embrasser à mon retour avec une passion renouvelée, sans voir ses pustules hivernaux.
Je compte bien recommencer l’expérience, mais cette fois-ci en Amérique du Sud, où les fuseaux horaires sont plus pratiques pour le travail à distance, et où je croiserai beaucoup moins de saoûlons anglo-saxons torse-nu (désormais la race que j’haïs le plus au monde). Le projet est lancé! Première étape: prendre des cours d’espagnol dès mon retour. Vous avez de bonnes adresses pas trop chères?





































































